Écrevisse | Guide des espèces

Écrevisse

Procambarus clarkii


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Eaux continentales de tous les continents

  • Nasse
  • Épuisette

  • Bassin

Dernière mise à jour : janvier 2022

 

BIOLOGIE

Écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii)

  • FAMILLE : Cambariae.
  • TRAITS DISTINCTIFS : Corps de couleur allant du gris-rouge au rouge vif, tubercules rouges sur les pinces.
  • HABITAT : Espèce d’eau douce originaire des États-Unis, de la zone comprise entre la Floride et le nord du Mexique. Elle affectionne les eaux peu profondes.
  • ALIMENTATION : Petits invertébrés, poissons, végétaux. Cette espèce peut être cannibale.
  • MATURITÉ SEXUELLE : 6 mois.
  • PÉRIODE DE FRAI : Normalement en hiver, mais peut se reproduire plusieurs fois par an.
  • LONGÉVITÉ 3-5 ans.

 

Autres espèces d'écrevisse commercialisées sur nos marchés :

  • ÉCREVISSE À PIEDS ROUGES (Astacus astacus), appelée également écrevisse noble
    • Originaire d’Europe centrale. Cette espèce a été quasiment décimée par la peste des écrevisses, une maladie provoquée par le champignon Aphanomyces astaci, vers 1870.
    • Espèce « vulnérable » selon l’UICN (1).
    • Famille : Astacidae.
  • ÉCREVISSE À PIEDS BLANCS (Austropotamobius pallipes)
    • Originaire d’Europe occidentale, très sensible aux caractéristiques de son milieu et menacée d’extinction (inscrite sur la liste rouge de l’UICN).
    • Cette espèce était la plus représentée originellement en France.
    • Famille : Astacidae.
  • ÉCREVISSE À PATTES GRÊLES (Astacus leptodactylus)
    • Originaire de Turquie et d’Europe orientale (introduite en France dans les années 1960), se plaît dans les eaux calmes et chaudes.
    • Cette espèce introduite est considérée désormais comme autochtone.
    • Famille : Astacidae.
  • ÉCREVISSE DE TORRENT (Austropotamobius torrentium)
    • De petite taille, originaire d’Europe centrale, a quasiment disparu de France.
    • Famille : Astacidae.
  • ÉCREVISSE AMÉRICAINE (Orconectes limosus)
    • Une autre écrevisse américaine (de la côte Est), introduite en Europe (en France dans les années 1910), considérée nuisible comme l’écrevisse de Louisiane.
    • Famille : Cambaridae.
  • ÉCREVISSE DE CALIFORNIE (Pacifastacus leniusculus)
    • Repérable à ses pinces rouges, est très résistante aux infections (à la peste des écrevisses notamment). Elle est originaire de la côte ouest des États-Unis et a été introduite en France dans les années 1970.
    • Famille : Astacidae.

 

L’écrevisse rouge de Louisiane a été introduite volontairement en Europe en 1970, à des fins d'élevage, tout d'abord en Espagne. Elle a été signalée en France en 1976. Cette espèce est dotée d’une croissance rapide, d’une fécondité élevée et d’une capacité d’adaptation importante à différents milieux et différentes conditions environnementales, ce qui lui confère un fort potentiel invasif.

 

PÊCHE

La production mondiale d’écrevisses sauvages est estimée à environ 16 000 tonnes par an.

L’espèce la plus pêchée au niveau mondial est l’écrevisse rouge de Louisiane (9 116 tonnes en 2018). Elle est exploitée principalement par l’Égypte et l’Espagne, devant les écrevisses euro-américaines des familles Astacidae et Cambaridae (7 305 tonnes en 2018), qui sont essentiellement pêchées par les États-Unis et dans une moindre mesure par la Suède et la Turquie.

 

 

AQUACULTURE

L’élevage des écrevisses (appelé l’astaciculture) est pratiqué principalement en Chine et aux États-Unis. Il est réalisé dans des étangs de terre peu profonds (20 à 60 cm de profondeur), soit de manière exclusive (monoproduction), soit en alternance avec des cultures (riz, soja... et périodes de jachère). Les écrevisses sont destinées principalement à la consommation humaine. Elles sont généralement commercialisées lorsqu’elles ont atteint un poids minimum de 30 g. Les écrevisses d’élevage sont également destinées aux aquariums ou servent d’appâts pour la pêche.

La production mondiale d’écrevisses d’élevage dépasse largement celle de la pêche (environ 1 700 000 tonnes produites en 2018). L’écrevisse rouge (Procambarus clarkii) domine cette production (99 % des élevages).

La Chine est le principal pays producteur au monde (Procambarus clarkii) loin devant les États-Unis (principalement Procambarus clarkii et Procambarus zonangulus). En Chine et aux États-Unis, les écrevisses sont principalement élevées de manière semi-extensive dans les rizières. En 2018, la production chinoise d’écrevisse rouge a atteint 1 638 662 tonnes et celle des ÉtatsUnis 72 682 tonnes.

En Europe, la production d’écrevisses est très faible (environ 14 tonnes en 2018) et pratiquée de manière exclusive (monoproduction).

 

 

 

 

ÉTAT DES STOCKS

Les espèces d’écrevisses autochtones d’Europe se sont raréfiées depuis la fin du XIXe siècle, en raison de :

  • La propagation de la peste de l’écrevisse, maladie causée par un champignon d’eau douce (Aphanomyces astaci) et apparue pour la première fois en Europe dans la région du Pô en Italie en 1860, puis en France en 1875. Cette maladie continue de sévir aujourd’hui, elle peut décimer les populations autochtones en quelques semaines.
  • La destruction, l’altération et/ou dégradation de leur milieu naturel;
  • L’introduction d’espèces allochtones (non indigènes du territoire concerné), qui peuvent devenir envahissantes et entrer en concurrence avec les espèces autochtones, comme cela a été le cas avec les écrevisses américaines. Ces dernières sont par ailleurs porteuses saines du champignon de la peste pour lequel les espèces autochtones n’ont pas de défenses immunitaires spécifiques.

L’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii), espèce envahissante, est aujourd’hui l’espèce la plus abondante en Europe.

 

GESTION DES STOCKS

En France, depuis les ravages de la peste de l’écrevisse vers la fin du XIXe siècle et l’introduction incontrôlée et préjudiciable d’espèces non indigènes, l’activité de pêche des espèces autochtones (Austropotamobius pallipes, Astacus astacus, Astacus leptodactylus et Austropotamobius torrentium) est sévèrement réglementée, voire interdite par des arrêtés départementaux.

Par ailleurs :

  • Un cadre réglementaire impose la protection des habitats des écrevisses autochtones.
  • L’introduction des espèces envahissantes (Orconectes limosus, Pacifastacus leniusculus, Procambarus clarkii) est interdite dans tout type de milieu.
  • D'autres mesures concernent les espèces envahissantes qui sont pêchées en France toute l'année (pas de taille légale ni de limites de captures). 

Ces espèces sont susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques et elles ne peuvent pas être transportées, ni commercialisées vivantes. Leur importation vivante d’autres pays vers la France est aussi interdite. Une dérogation existe cependant pour les pêcheurs professionnels, qui peuvent les livrer vivantes aux restaurateurs dans des caissons cerclés et cadenassés.

 

 

CONSOMMATION

Les écrevisses sont commercialisées :

  • Vivantes, principalement Astacus leptodactylus d’élevage. Astacus astacus, espèce sauvage réputée pour être la meilleure de toutes, est aujourd’hui très rare mais est encore présente sur quelques tables de restaurants.
  • Surgelées, entières ou en queue, crues ou cuites (principalement Procambarus clarkii de Chine).
  • En saumure, présentées en queue décortiquée, cuite (principalement Procambarus clarkii de Chine).

Les écrevisses de pêche ou d’élevage commercialisées en France et en Belgique proviennent en grande majorité d’importation : la France importe des écrevisses congelées en provenance d’Espagne, des Pays-Bas et de Chine.

 

L’essentiel de la production chinoise est exporté vers les États-Unis et l’Union européenne. Une part importante des écrevisses chinoises achetées par l’Europe est consommée en Scandinavie.

 

 


 

(1) Union internationale pour la conservation de la nature.

 

ÉLÉMENTS CLÉS

  • Les populations d’écrevisses autochtones se sont raréfiées partout en Europe en raison de la peste de l’écrevisse, la perte et la dégradation de leurs habitats et l'introduction d’espèces non indigènes.
  • L’écrevisse à pattes grêles, introduite en France dans les années 1960, est considérée désormais comme autochtone.
  • Les écrevisses américaines introduites en Europe ont concurrencé les espèces européennes et sont désormais considérées envahissantes.
  • L’écrevisse rouge de Louisiane est désormais l’espèce la plus abondante dans le milieu sauvage européen.
  • En France, l’activité de pêche des espèces autochtones est sévèrement réglementée, voire interdite par des arrêtés départementaux.
  • La production mondiale d’écrevisse d’élevage (toutes espèces confondues) dépasse largement celle de la pêche.

RECOMMANDATIONS D'ACHATS

➜ ÉCREVISSE SAUVAGE

  • À privilégier : les écrevisses non autochtones (Procambarus clarkii, Orconectes limosus, Pacifastacus liniusculus).
  • À éviter : les écrevisses autochtones (Austropotamobius pallipes, Astacus astacus, Astacus leptodactylus et Austropotamobius torrentium).

 

➜ ÉCREVISSE D’ÉLEVAGE

  • Vérifiez les conditions de production avant tout achat.