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Dernière mise à jour : août 2018

 

Pierre Jessel

 

 

« J’ai vu des époques fastes où le poisson coulait à flots sous les halles de Rungis… »

D’origine alsacienne, Pierre Jessel a exercé en tant que poissonnier de 1953 à 1995. Il a travaillé dans différentes boutiques parisiennes rue Raymond-Losserand, sur les marchés de Bastille, rue Lepic dans le XIXème ou encore à la Celle-Saint-Cloud. Il intègre le Centre de Formation des Apprentis Poissonniers en 1983 en devenant formateur en technique professionnelle. En 1998, il remplace l’ancien président de la Fédération des Syndicats professionnels pour créer en 2003 la Confédération nationale des Poissonniers Ecaillers de France regroupant ainsi l’ensemble des fédérations régionales.


La Confédération a pour objectif de suivre l’activité économique de la filière pour préserver les intérêts de la profession. Pierre Jessel s’engage notamment dans des causes sociales.
Il crée en 2007 le concours « Meilleur Ouvrier de France Poissonnier-Écaillers » et met ainsi en lumière une profession qui restait jusqu’alors dans l’ombre.


En 1993, alors qu’il est en visite à Concarneau, Pierre Jessel rencontre des pêcheurs et soulève la problématique de la pêche sur frayères. « Les notions de durabilité naissent à peine dans la filière à cette époque ». A partir de 2009, la notion de développement durable des produits de la mer est intégrée dans les référentiels de formation CAP et Bac Pro du CFA.
Le CFA a été ensuite porteur d’un projet intitulé « Vers un étal durable » afin d’engager les apprentis ainsi que les professionnels en activités sur les sujets de préservation de la ressource et de l’environnement.


« J’ai vu des époques fastes où le poisson coulait à flots sous les halles de Rungis. Aujourd’hui, les changements dans l’arrivage et la qualité permettent de se rendre compte de cette problématique de fatigue des océans pour nous approvisionner en poissons. Je me souviens avoir lu un livre sur les pêcheurs de morue, du temps de la pêche à la voile où l’on « marchait sur la morue tellement il y en avait ». Puis, la pêche s’est industrialisée, on a pêché beaucoup plus. C’est pour dire, elle n’est toujours pas revenue à Terre-Neuve cette fameuse morue ! » Et ce malgré la fermeture de la pêche depuis 1992.
« Aujourd’hui la nouvelle génération de pêcheurs prend la problématique de la pérennité de la ressource plus à coeur. S’engager dans cette démarche c’est assurer une solution pour vivre encore longtemps en vendant du poisson. Cette notion a fait émerger des poissonniers durables engagés au sein de la filière tels que Bruno Reydel, Laurent Durain, Roger Domain, Arnaud Vanhamme, Bruno Gauvain. »


Attachant visionnaire, figure du monde de la poissonnerie en France, Pierre Jessel est engagé pour l’humain, « et derrière l’humain, il y a nécessairement la ressource et la planète ».